BUTCHERY

Cette distance me fascine : comment mettons-nous en œuvre des formes artificielles, sophistiquées pour éloigner l’indésirable, défendre les limites de notre habitat ?

Celui qui gère la sécurité peut prendre tous les pouvoirs. Les sociétés d’assurances poussent les habitants à se barricader : moins de dommages à rembourser, l’industrie de la sécurité est fructueuse. Ce n’est pas réservé aux riches, tout le monde dissuade à sa manière les agresseurs potentiels… Mais n’est-ce pas un cercle vicieux : plus tu caches ta richesse, plus j’ai envie de la voir ?

Une publicité : la championne nationale de saut en hauteur saute par-dessus des fils électrifiés, son slogan : « la télévision amène les jeux olympiques chez vous »…chez vous c’est d’abord cette limite électrifiée.
Les lignes sous tension se confondent avec les fils à linge.

Que personne ne s’assoit sur le rebord de mon mur.
Ne laisser aucun espace libre.

Je ne sais pas si je photographie les restes incandescents d’un passé embrasé ou les symptômes annonciateurs de troubles à venir… ?

Atmosphère sur le fil du rasoir.

Quand notre habitat est constamment aseptisé, verrouillé, électrifié, sous alarme, y-a t’il une chance que nous gardions nos esprits ouverts à l’écoute du monde, au hasard, aux autres?  

Ce fut Cape Town, mais c’aurait pu être Los Angeles, Pékin ou Paris...
Butchery?

Le territoire, c’est d’abord la distance critique entre deux êtres de la même espèce : marquer ses distances. Ce qui est mien c’est d’abord ma distance.

G. Deleuze. Mille plateaux

Étant donné un mur, que se passe-t’il derrière ?

Jean Tardieu

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