Les îles de l'estuaire de la Gironde sont maintenues hors des eaux par des digues, imposantes barrières argileuses.
Les habitants doivent déplacer de la terre, pour se protéger du fleuve. Celui-ci impose son rythme, façonne leur mode vie.
Maintenir les digues ou pas, c’est politique : draguer le fleuve pour les cargos, inonder des parcelles pour la faune et la flore qu’attendent les chasseurs ou les écologistes, ou au contraire ne pas laisser entrer l’eau pour cultiver et construire…

PAS DE POISSONS DANS LES VIGNES

Territoires gagnés sur le fleuve

Depuis le Médoc ou le Blayais, traverser l’estuaire de la Gironde pour accoster sur une des îles. Enjamber sa rive vaseuse façonnée par les courants, couverte de végétation. Chevaucher la digue et déjà ne plus voir le fleuve … Une île comme une bassin de terre.

La digue d’une île est garante de son émergence : cette imposante barrière argileuse qui serpente autour de l’île empêche les marées hautes et les crues du fleuve d’y pénétrer et d’en modifier la géographie. Un ingénieux système d’écluses et de clapets, de part et d’autre de la digue, permet de retenir ou d’évacuer l’eau recueillie dans les fossés. 

L’état d’une digue reflète l’intensité de l’activité sur l’île : une digue aménagée et entretenue protège les habitants et les cultures. Une digue encombrée et ébréchée par endroits, très vite, le fleuve, la flore et la faune reconquièrent l’île...


Mon travail s’est nourri d’entretiens avec les îliens, viticulteurs, entrepreneurs et collectivités. L’estuaire impose, au rythme des marées, un mode de vie et un travail qui maintiennent l’intégrité du territoire insulaire (savoir naviguer, construire et entretenir la digue...). C’est ce à quoi je suis attentive.

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